Un abattoir mobile dans les fermes à l'étude

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Message par Choupi91 le Mer 18 Avr 2018 - 9:09

https://www.ladepeche.fr/article/2018/04/18/2782419-pourquoi-ca-bloque-abattoir-mobile-fermes-etude.html

L'association Les Bios du Gers veut mettre en piste un caisson d'abattage qui circulerait de ferme en ferme. L'intérêt : éviter le stress des animaux pendant le transport. Inédit en France, le projet bloque dans les tuyaux des services de l'État.
Et si ce n'était non plus les animaux qui partaient à l'abattoir mais l'abattoir qui venait à eux ? Cette idée très sérieuse vient du collectif Quand l'abattoir vient à la ferme qui milite au niveau national pour une mise à mort éthique. Dans le Gers, l'association les Bios du Gers s'est fait l'écho de cette initiative. «L'idée est de mettre en place un caisson mobile qui irait directement chez les éleveurs et où un agent d'abattoir se charge de la mise à mort», explique Loïc Labidalle, technicien élevage au Bios du Gers.

Éviter les «dérapages»

Dans ce caisson de la taille d'une bétaillère, les animaux seraient étourdis, tués et éviscérés. La carcasse retournerait ensuite à l'abattoir où sont assurés le stockage, la gestion des déchets et le refroidissement. Pour les animaux c'est le stress du transport en moins et pour les éleveurs c'est moins frustrant. «L'abattage est la dernière étape est c'est celle sur laquelle les éleveurs n'ont pas le contrôle, quand l'animal part on ne sait pas ce qui se passe», intime Géraud Laval, vétérinaire et éleveur. Selon lui c'est une garantie pour «éviter certains dérapages» en abattoir. Un gage de qualité aussi pour la viande et l'espoir d'en relancer la consommation. «Qui dit meilleure traçabilité dit confiance du consommateur», argumente-t-il. Un consommateur justement refroidi depuis quelque temps par les vidéos chocs du collectif de défense animale L214. Sans compter que depuis la fermeture l'année dernière des abattoirs de Condom et de Samatan, les éleveurs porcins et ovins sont obligés d'aller faire abattre leurs animaux à Saint-Gaudens, Tarbes ou Montauban.

15 000 € le caisson

Mais l'éthique a un prix… Le caisson coûte 15 000 € et nécessite l'inspection d'un vétérinaire et d'un agent formé. Le collectif Quand l'abattoir vient à la ferme pourrait financer l'achat du caisson. Automatiquement, la viande serait plus chère que sur le circuit classique, il en coûtera un euro de plus le kilo carcasse. Pour concrétiser le projet, il ne manque presque plus que l'agrément de la DDCSPP (les services vétérinaires de la préfecture). C'est là que ça coince : le flou juridique autour de l'abattage mobile freine les attributions d'agrément sanitaire. À ce jour, aucune demande n'a donné suite en France.


Pourquoi ça bloque ?

Une réunion d'information s'est tenue le 6 décembre dernier en présence des éleveurs et des représentants d'association. Il en ressort que les éleveurs sont demandeurs et motivés. Fabrice Rançon, le directeur de l'abattoir d'Auch est prêt à s'associer à la cellule mobile si «techniquement tout est dans les clous».
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Pourtant le projet est toujours au point mort. Seule une dérogation accordée par l'État permettrait de lancer l'expérimentation. Faut-il aussi préciser que pour l'heure, les services de l'Etat dans le Gers donnent la priorité à la reprise de l'abattoir de Condom.


Que dit la loi ?

Les abattoirs sont soumis à un règlement européen qui prévoit que des dérogations puissent être accordées par les pays membres pour l'abattage à la ferme. La Suède a par exemple autorisé cette pratique il y a quatre ans. En France, la loi ne fait pas mention de l'abattage mobile. Les services vétérinaires de la préfecture ne délivrent que des agréments aux abattoirs fixes. La solution serait donc que cet abattoir mobile soit rattaché à un site fixe, comme celui d'Auch. Pour autant, cette pratique n'est pas à proprement parler interdite. En 2015, Stéphane Le Foll, alors ministre de l'agriculture expliquait qu'une demande d'agrément devait être réalisée auprès de la DDCSPP. Mais devant le vide juridique, pour l'heure, aucun de ces services en France n'y a donné une suite favorable.

Tags #animaux #boucherie #élevage #ferme #cruauté #maltraitance

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