"SeaWorld est une maison de l'horreur": un ex-entraîneur raconte

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

ajouter un message "SeaWorld est une maison de l'horreur": un ex-entraîneur raconte

Message par Choupi91 le Lun 21 Aoû 2017 - 15:18

http://www.7sur7.be/7s7/fr/2668/Especes-Menacees/article/detail/3237706/2017/08/21/SeaWorld-est-une-maison-de-l-horreur-un-ex-entraineur-raconte.dhtml



John Hargrove, ancien entraîneur au SeaWorld de San Diego, se confie à coeur ouvert sur la vraie vie du parc aquatique après la mort d'une 3e orque cette année. "Les pratiques de tels parcs d'attractions sont abominables", résume-t-il dans le Daily Mail, disant vouloir révéler au monde l'enfer vécu en coulisses par les animaux marins. Les cétacés y sont torturés, leur progéniture leur y est arrachée et ils sont confinés dans des bassins exigus après des entraînements et des shows qui leur valent de terribles blessures. Criblés de médicaments, ils périssent beaucoup trop jeunes.
© reuters. © reuters. © ap. © anp. © ap. © ap. © ap. © photo news. © ap. © ap. © epa. © epa. © ap. Le show des orques plongeant et surgissant du bassin ravit depuis des dizaines d'années des spectacteurs du monde entier qui se ruent notamment dans la chaîne SeaWorld en Floride (Orlando), en Californie (San Diego) et au Texas (San Antonio).

"Elles nagent en cercle et se cognent"
Mais loin du regard du public, lorsque les grilles du parc se referment le soir et que les mascottes quittent la scène, le spectacle est bien moins réjouissant. "C'est une honte pour l'Humanité", livre John Hargrove, un ancien entraîneur d'orques qui sanglote quand il évoque face au journaliste du Daily Mail le véritable martyre enduré par les cétacés.

Loin d'être cajolées et traitées comme des reines comme on tente de le faire croire aux spectateurs, les orques sont en effet parquées dans des piscines en coulisses, de tout petits bassins où elles n'ont aucun espace pour plonger comme la nature les a créées pour le faire, où elles nagent en cercle et sans but, se cognant répétitivement la tête sur les parois en béton d'ennui et de frustration. Où leurs seules activités sont un entraînement intensif, au péril de leur vie et leur causant des blessures irrémédiables. Où entre crainte et épuisement, elles se muent en animaux agressifs voire violents.

14 ans au service de SeaWorld, pas des orques
Les "Shamu", comme les nomme erronément le public, développent dans ces parcs des maladies qu'elles n'auraient jamais connues dans leur habitat naturel et ce au simple profit d'un divertissement offert à deux reprises chaque jour, sans relâche. La mort de l'orque Kasatka la semaine dernière l'atteste. Officiellement "euthanasiée" après avoir contracté une maladie pulmonaire incurable, elle est la troisième orque à périr dans un SeaWorld cette année.

Des décès qui ne font qu'accentuer les doutes de certains, donner sens aux campagnes des organisations comme PETA et appuyer les accusations des rares témoins qui connaissent les parcs de l'intérieur. Des révélations qui donnent la nausée, comme celles de John Hargrove, qui a longtemps connu Kasatka et ne peut retenir son émotion face à sa mort, pas plus que dissimuler son sentiment de culpabilité d'avoir exercé à SeaWorld. Hargrove, 42 ans, a entraîné l'orque jusqu'en 2012, année où il a quitté l'entreprise, dégoûté et traumatisé, après 14 ans de service.

"J'ai été le complice d'un mensonge qui prône la torture"
"Ce qui se passe encore dans des centres de type SeaWorld est une abomination", déplore-t-il. "Ils prétendent que les orques en captivité participent à l'éducation des hommes, et j'ai moi-même cru à leur baratin durant des années. Mais Kasatka a eu une existence misérable, a vécu dans des conditions barbares et horrifiantes, et a agonisé jusqu'à sa mort. Elle a passé sa vie dans une maison de l'horreur, et je suis complice d'avoir vendu au public le mensonge sur sa vie".

Hargrove n'est pas un inconnu. L'ancien entraîneur des majestueux et dangereux cétacés a joué un rôle majeur dans le documentaire "Blackfish", qui a récolté des récompenses et valu à SeaWorld une légère baisse de fréquentation mais surtout de voir sa réputation internationale largement salie depuis la sortie du film en 2013. SeaWorld avait immédiatement accusé le documentaire d'être faux et trompeur mais en vain. Dans des scènes dignes d'un film d'horreur, on voit notamment Kasatka happer son coach Ken Peters par le pied et l'emmener fermement tout au fond d'un bassin, le noyant presque avant de le libérer in extremis. Un incident survenu en 2006, et qui au-delà d'être choquant est en réalité loin d'être isolé et en dit finalement long sur les conditions de détention dans ces parcs animaliers.

L'accident qui a tout et rien changé
Puis en 2010, le pire s'est produit lorsque l'orque Tilikum, qui avait déjà été impliqué dans deux autres décès, a tué Dawn Brancheau, son entraîneuse professionnelle à SeaWorld depuis 15 ans et véritable star du parc d'Orlando. L'animal s'est retourné contre la jeune femme durant une séance d'exercices où il était nourri, et ce à la vue des clients du restaurant du parc. Les témoins divergent sur les circonstances du début de l'"attaque", mais tous confirment qu'en une fraction de seconde, la victime a été plongée au fond de l'eau et ce alors qu'elle caressait le cétacé avec qui elle nageait. Incontrôlable, l'orque avait péniblement été attirée dans un petit bassin, hors de la vue du public, où elle avait fini par se calmer et finalement relâcher le corps écharpé de Brancheau. L'autopsie, terrifiante, a diagnostiqué une mort par noyade et blessures traumatiques simultanées. L'animal avait disloqué les membres de la sportive, brisé sa colonne vertébrale et lui avait presque arraché la tête.

Sa mort, la seule survenue en public, a mené à l'interdiction par le parc pour les entraîneurs de pénétrer dans les bassins en même temps que les orques. Une décision entérinée par l'administration, qui a banni cette pratique. Mais cela n'a rien changé au sort des orques (dauphins et autres animaux marins) qui vivent dans les parcs, même si les capturer est désormais interdit dans les pays occidentaux, y compris aux Etats-Unis. Les vraies victimes ont été oubliées et ont dû retourner à leurs spectacles.

Dents arrachées à vif, usées à ronger les enclos
Suite à ces événements tragiques, peu se sont demandés pourquoi un tel déchaînement contre l'homme. Les orques sont-elles par nature hostiles au genre humain? C'était là qu'est la vraie question et c'est pourquoi "Blackfish" ne s'est pas contenté de montrer les attaques violentes, mais a levé le voile sur l'inimaginable après une enquête au coeur des SeaWorld: les raisons qui poussent ces "baleines tueuses" à se retourner contre ceux qui prennent soi-disant "soin" d'elles. C'est là qu'Hargrove est intervenu à l'écran, lui qui a bien connu les victimes, tant du côté des entraîneurs que des cétacés. Dans le documentaire de 2013 mais aussi à chaque décès de ces animaux, il a tenté de persuader le public de boycotter ces parcs en témoignant dans ce qui semble être pour lui un éternel mea culpa.

"Ils ont essayé de faire passer la mort de Dawn pour un malentendu entre l'animal et l'homme, un jeu qui aurait mal tourné. Dawn était littéralement scalpée, son bras arraché, sa colonne détruite", s'insurge-t-il, persuadé que ces actes de rébellion sont de l'ordre de la survie. "Les orques mordent les barres de métal qui séparent les enclos, elles s'usent les dents sur les parois de béton de leur taule. Les clous se logent dans leurs dents, causent des infections. Nous (lisez le personnel soignant) devions leur arracher, sans anesthésier, pour nettoyer tout ça. Leurs yeux qui se fermaient, les mâchoires qui tremblaient. Leur douleur était évidente".

Privés de nourriture pour faire des numéros, une espèce sociale à qui on enlève sa progéniture
Hargrove ne croit d'ailleurs pas un instant à la version officielle sur la mort de Kasatka la semaine dernière. "Les orques en captivité sont constamment malades, quotidiennement nourries aux antibiotiques entre autres. Leur immunité finit tout simplement par s'écrouler. A la fin de sa vie, elle avait des lésions sur tout le visage, comme un malade du sida. Mais SeaWorld ne révèlera jamais le rapport d'autopsie et ses blessures internes sont pourtant sûrement bien plus graves".

Mais ce n'est pas tout, car "Blackfish" exposait également au grand jour la manière d'inculquer les tours de cirque aux cétacés, en les privant de nourriture. Mais aussi comment la progéniture est arrachée à la mère pour être aussitôt conduite dans d'autres parcs alors que dans l'océan, les orques sont une espèce sociale, qui vit en famille à vie. Une preuve de plus que le profit prime sur le bien-être et l'instinct de l'animal.

"Piégés, torturés, frustrés, détruit mentalement, ils deviennent violents"
"A l'état sauvage, les agressions envers les humains sont rarissimes. Mais je ne compte plus à combien d'attaques j'ai assisté moi-même. Et à combien j'ai survécu. J'ai été projeté contre les parois des piscines, aggrippé par le torse et entraîné dans le fond du bassin. Je suis surtout très étonné d'être en vie. Kasatka était devenue violente en captivité, le film Blackfish le prouve, elle était l'un des animaux les plus dangereux que j'ai rencontrés".

"Mais ces animaux sont piégés, enfermés, frustrés, malheureux. Evidemment qu'ils s'en prennent aux humains avec qui ils sont en contact. Etre coincés dans un petit aquarium les détruit mentalement. Dans leur habitat naturel, ces créatures majestueuses vivent jusque 80 ou 100 ans. Kasatka n'en avait que 41. Je dois m'élever contre ces parcs aquatiques car si je parviens à empêcher ne fût-ce qu'une personne de payer un ticket d'entrée pour voir des animaux torturés pour effectuer des numéros de cirque, alors la mort de Kasatka n'aura pas été vaine".

Hécatombe
Malgré l'ampleur des preuves de maltraitance, 50 millions de personnes déboursent encore plus de cent euros chaque année pour assister à de tels spectacles à travers le monde. Les parcs de SeaWorld génèrent quant à eux dix millions de ces visiteurs annuels, mettant en scène leurs 21 orques. La direction des parcs a pris l'habitude de détourner l'attention des spectateurs en cas d'incident, en feignant que cela fait partie intégrante du spectacle, et en se gardant bien de les signaler ensuite officiellement dans des rapports circonstanciés. Tout comme elle ne communique que de façon opaque sur la mort de ses cétacés.

En janvier, Tilikum, qui avait tué Brancheau, a trouvé la mort après une infection bactérienne. La femelle n'avait que 35 ans. Le mois dernier, un bébé orque de trois mois est décédé d'une pneumonie, provoquant une nouvelle levée de boucliers contre le programme de naissance en captivité du parc. Avec la mort de Kasatka, la coupe est pleine pour les associations de défense des animaux qui militent pour la fermeture pure et simple des parcs.

"Une vie misérable pour amuser des enfants sous couvert de les éduquer"
"Ces animaux font face à des douleurs intolérables toute leur vie pour que des enfants assistent à des numéros qui enrichissent SeaWorld", résume Hargrove. Pourquoi n'a-t-il alors pas quitté le parc bien plus tôt? "C'était comme une secte. J'aimais les animaux, j'ai cru à leur mantra que l'on sensibilisait et éduquait les enfants et les parents à ces êtres merveilleux en leur permettant de les observer de près. J'ai cru que de cette manière, on aiderait l'espèce à survivre, ainsi que grâce au programme de reproduction en captivité".

"En réalité, Kasatka n'était qu'un actif social qui pesait des millions de dollars pour une entreprise qui ne se soucie que des prestations et des revenus qu'elles génèrent. Et même quand j'ai commencé à percevoir la douleur, la souffrance des animaux, j'ai continué. Comment aurais-je pu quitter Kasatka? J'ai fini par comprendre que je ne pouvais plus me taire. Il est trop tard pour elle, mais si j'arrive à faire interdire la captivité des orques, je pourrai mourir en paix", finit l'ancien employé effondré qui incite les parents comme les écoles à ne plus jamais mettre un pied sur de tels sites

Tag poisson #univers #marin #aquatique #parcs #cruauté #maltraitance

_________________

 Choupi91 - "Le monde pourrait vivre sans tuer ni animal ni végétal (MONOD Théodore extrait de: Livre de Théodore)"

avatar
Choupi91
Administrateur/Fondateur

Nombre de messages : 97743
Age : 55
Localisation : Essonne
Date d'inscription : 31/05/2006

Action dans la PA
Description:

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum