Éléphants d’Afrique: Rétablir le commerce de l’ivoire, une manière de lutter contre le trafic?

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Message par Choupi91 le Mer 28 Sep 2016 - 13:27

http://www.20minutes.fr/planete/1932467-20160928-elephants-afrique-retablir-commerce-ivoire-maniere-lutter-contre-trafic



Qui se trompe le plus dans cette affaire ? Le sort des éléphants d’Afrique est au cœur des débats de la Convention internationale sur le commerce d’espèces sauvages menacées d’extinction (Cites), qui se tient jusqu’au 5 octobre à Johannesburg, en Afrique du Sud. Alors que les ONG alertent sur l’extinction rapide des pachydermes, dont la population a diminué de 30 % entre 2007 et 2014 pour atteindre moins de 500.000 individus, certains pays africains voudraient assouplir les règles du commerce de l’ivoire. Une proposition qui fait bondir les ONG, qui elles souhaitent que ce commerce soit définitivement interdit partout dans le monde.
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Politique de l’éléphant

A l’origine de cette proposition allant à contre-courant de toutes les politiques de conservation des espèces menacées, on trouve deux pays : la Namibie et le Zimbabwe. Ils font partie des quatre seuls pays au monde, avec l’Afrique du Sud et le Botswana, qui peuvent vendre de l’ivoire sous certaines conditions. Ces pays, dits de l’Annexe II de la Cites, ont pu bénéficier de ce statut en raison de la relative bonne santé de leur population d’éléphants : de 2002 à 2013, le nombre d’éléphants est passé de 121.000 à 154.000 au Botswana, de 14.000 à 20.200 en Afrique du Sud et de 9.600 à 16.500 en Namibie. Ces pays se disent aujourd’hui victimes de la mauvaise gestion des animaux par les autres pays et assurent que leurs populations d’éléphants pourraient supporter un commerce encadré.
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Cette proposition n’est pas nouvelle, rappelle National Geographic : depuis la fin des années 1990, le Zimbabwe, par la voix de Rowan Martin, son représentant à la Cites, plaide en faveur d’une autorisation du commerce de l’ivoire. « Ils savent qu’ils n’ont aucune chance que ce soit accepté, mais ils maintiennent leur position pour des raisons politiques afin de s’opposer à la coalition des pays africains qui demande l’interdiction totale du commerce de l’ivoire », commente Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

Un mauvais signal

On pourrait pourtant s’interroger sur la légitimité d’une telle position : est-ce que, à l’instar des arguments portés par les pro-légalisation du cannabis, un commerce encadré de l’ivoire ne permettrait pas de limiter le trafic et le braconnage, qui tue chaque année environ 30.000 éléphants ? « Les conditions d’un tel système ne sont pas du tout remplies, balaye Pascal Canfin. Cela demanderait une traçabilité parfaite de l’origine de l’ivoire, ce qui serait extrêmement difficile vu l’instabilité de ces pays. D’autre part, cela irait à l’encontre de toute la communication faite depuis des années, notamment envers les pays consommateurs d’ivoire, afin d’éradiquer ce commerce. » Sans oublier que les éléphants, ce ne sont pas « des plants de cannabis qu’on cultive autant qu’on veut : le nombre d’éléphants n’est pas illimité », ajoute Charlotte Nithart, de l’ONG Robins des bois.
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C’est surtout le signal qui serait envoyé aux pays asiatiques, très friands de statuettes, bracelets et autres bibelots en ivoire, qui pourrait réduire à néant toutes les campagnes de sensibilisation faites depuis des années par les ONG et les gouvernements : « L’autorisation qui a été donnée à la fin des années 1990 aux quatre pays de l’Annexe II a déjà donné un très mauvais signal, estime Charlotte Nithart. Cela a donné l’impression que le commerce était de nouveau permis et a favorisé le braconnage. Il faut que tous les pays soient en Annexe I [commerce totalement interdit] pour que le message soit clair. »

Agir d’urgence

Pour Pascal Canfin, l’urgence de la situation des éléphants d’Afrique ne permet plus de s’attarder sur des propositions destinées à éluder les réelles questions : « Le sujet majeur et prioritaire est de savoir ce que font concrètement tous les pays pour mettre en œuvre les engagements déjà pris dans le cadre de la Cites : quelles mesures prennent-ils contre le braconnage ? Comment luttent-ils contre les mafias locales et les trafics ? Quel modèle de protection de l’éléphant et de son écosystème choisissent-ils ? Pour ne pas être confrontés à leurs responsabilités, ils détournent les débats autour des questions de classement en Annexe I ou Annexe II », déplore le directeur général du WWF France. Sans mesures sérieuses de protection, l’appétit asiatique pour l’ivoire pourrait entraîner la disparition totale des éléphants dans certaines régions d’Afrique d’ici 10 à 20 ans.

Tags #éléphants #faune #sauvage #espèces #menacées #trafic

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