Droit des animaux : l'exception française

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Message par Choupi91 le Mar 7 Mai 2013 - 11:31

http://wamiz.com/chiens/actu/droit-des-animaux-l-exception-fran-aise-3495.html

L'éthique animale, c'est-à-dire le statut moral des animaux,
est un sujet qui demeure tabou en France. Contrairement à ce que l'on
pourrait croire, les animaux n'ont toujours aucun droit dans l'hexagone
sur le plan juridique. Mais pourquoi un tel blocage ?


Animal = objet ?




Avec plus de 60 millions d'animaux domestiques, les
Français sont les européens les plus friands d'animaux de compagnie. Un
foyer sur deux possède en effet au moins un animal tandis que le marché
des animaux de compagnie représente une somme conséquente de 3,5
milliards d'euros par an.

Paradoxalement, la France est le pays d'Europe le plus en retard en matière de protection animale. Alors que 81 % des Français estiment que la protection des animaux est une cause importante, rien n'est fait pour aider nos compagnons à quatre pattes. Cela peut paraître invraisemblable, et pourtant... En France, les animaux sont considérés comme des objets !


L'héritage du passé




La cause de cette situation trouve sa source dans l'Histoire-même du pays. Dans un ouvrage intitulé Les animaux ont des droits,
auquel des éthologues, neuropsychiatres et philosophes ont contribué,
le profond malaise qui existe autour de la question de l'éthique animale
est analysé selon un point de vue historique.

Tout d'abord, il faut rappeler que bien avant le christianisme, les
animaux avaient un statut protégé : la castration de l'animal est alors
interdite et il est obligatoire de venir en aide à une bête menacée même
si elle appartient à l'ennemi. La souffrance de l'animal est totalement
proscrite. Dans la religion juive, les hommes, les animaux et Dieu
forment une triple alliance qui garantit l'équilibre du monde.

Ce qui a tout bouleversé, c'est le « sacrifice ». Elisabeth de Fontenay, philosophe ayant participé à la rédaction de Les animaux ont des droits, explique ainsi : « Le
geste du Christ qui se laisse immoler, telle une brebis, pour racheter
les péchés des hommes a transformé la nature du sacrifice qui est devenu
un acte de pure intériorité et n'a plus rien de rituel.
» L'animal
offert en offrande n'a alors plus rien de sacré : il devient un simple
objet que l'on sacrifie. Dès lors, on peut le manger, le museler et lui
occasionner de la souffrance sans le moindre remord.

Puis, bien des siècles plus tard, le philosophe René Descartes commet l'erreur de parler « d'animal-machine ». Partant du principe que les animaux ne peuvent rien exprimer en se fondant sur son célèbre « je pense, donc je suis », il affirme alors que ceux-ci sont dépourvus de sensibilité. Frapper un chien n'a donc pas d'importance puisque celui-ci ne ressent rien.

Lafontaire, Voltaire ou encore Jean-Jacques Rousseau s'insurgeront
contre la thèse de l'animal-machine de Descartes. Ils tenteront en vain
de formuler une doctrine de la responsabilité morale des hommes envers
les animaux. Et alors que l'humanisme mènera à la
proclamation de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du
Citoyen, les droits des animaux, eux, n'évolueront guère.


L'homme, maître et possesseur de la nature



Pour le philosophe Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, auteur de L'Ethique animale, c'est ce même humanisme
français qui serait responsable du désintérêt éprouvé envers les
animaux. Un vrai paradoxe là encore lorsqu'on sait tous les progrès que
l'élan humaniste a permis par ailleurs (abolition de l'esclavage, entre
autres)...

"Il est important de comprendre que l’humanisme, dont l’esprit français est imprégné depuis des siècles, n’est pas seulement la défense sympathique des droits de l’homme avec laquelle tout le monde est d’accord, mais aussi le fait de mettre l’homme au centre de tout, lui soumettre son environnement et réaliser en quelque sorte le projet cartésien de se rendre 'comme maître et possesseur de la nature'. On place alors les hommes et les animaux dans des vases communicants et l’on se convainc qu’accorder davantage de considération aux uns implique forcément moins de considération pour les autres." Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, L'Ethique animale.

Les vieilles traditions françaises




On l'aura compris, la France est attachée à son histoire et garde un
esprit conservateur même au sujet des animaux. Cela se traduit aussi à
travers les « grandes » traditions françaises telles que la chasse, la pêche, la corrida mais aussi la gastronomie (par
exemple, comment peut-on lutter contre le gavage des oies quand le pays
est mondialement réputé pour son foie-gras?), l'idée étant qu'on ne doit pas amputer la France de ce qui fait son identité.

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 Choupi91 - "Le monde pourrait vivre sans tuer ni animal ni végétal (MONOD Théodore extrait de: Livre de Théodore)"

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